Il fallait que je vous le dise

Tout est dit dans ce magnifique avant-propos d’Aude Mermilliod, je ne peux que le retranscrire pour vous présenter ce joli ouvrage :

« Il y a huit ans, je décidais de refuser.
Et aujourd’hui, je raconte cette histoire. J’ai écrit ce livre pour parler de ce deuil- qui n’en porte pas le nom- qu’est l’avortement.
Mais est ce uniquement une histoire sur l’avortement ? Je ne sais plus…
Plus je la relis, plus je me demande si je n’ai pas écrit ce livre non seulement pour les avortées, mais aussi pour les mères, les non-mères, celles qui auraient voulu, celles qui n’ont pas pu, celles qui ont fait des fausses couches, celles qui essayent, celles qui espèrent, celles qui laissent tomber, celles qui ne veulent pas, celles qui regrettent, celles qui ne sont pas les mères qu’elles rêvaient d’être…
Ce livre est aussi pour les hommes à leurs côtés, qui ne vivent pas ce deuil dans leurs corps, qui épaulent malgré leur propre peine, sans toujours comprendre.
J’espère que ce livre leur sera aussi utile à eux aussi.

Je crois que j’ai essayé d’entrer dans les failles, les zones d’ombres dont on ne parle pas assez, tout ce foutoir émotionnel que nous procure cette possibilité d’avoir ou non un enfant.

Oui je crois qu’il est là, le sujet de ce livre, dans tous ces espaces confus, flous et faits d’émotions brutes… Essayer de mettre des mots dessus, et si ça ne peut pas se dire, peut être que ça peut se dessiner.

Aude Mermilliod – »

Il fallait que je vous le dise, Aude Mermilliod, Édition Casterman.